Lauréate FRAC Nouvelle-Aquitaine Méca

UN APPEL, 412 CANDIDATURES, 25 LAURÉATS

Le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, à l’initiative de Bernard de Montferrand, son président, et de Claire Jacquet, sa directrice, a lancé le 8 avril 2020 un programme de soutien aux artistes face à la crise liée à la pandémie, sous la forme d’un appel à projets. Cet appel n’a été possible que grâce au soutien permanent au Frac de l’Etat et de la Région Nouvelle- Aquitaine. En 10 jours, 412 artistes ont répondu.

Au vu de la très grande qualité des réponses et de la mobilisation que cet appel asuscité auprès des artistes, nous avons pu augmenter le nombre de projets sélectionnés en passant de 20, initialement prévus, à 25 artistes bénéficiaires, grâce à la générosité de plusieurs mécènes.

Dans le contexte d’une « situation d’urgence » inédite, les artistes du champ des arts visuels étaient invités à réfléchir et à concevoir un projet, en écho à cette épidémie aux conséquences brutales, tant sur les plans humain et social, qu’économique et politique.

Le nombre et la diversité des projets reçus montrent combien les artistes se sentent concernés par la situation si complexe dans laquelle nous vivons et rendent compte de cette expérience vécue par tous, à l’échelle planétaire.

Pour inventer une nouvelle relation au monde et de « nouveaux gestes barrières » susceptibles de modifier à terme nos habitudes les créateurs ont donné leur propre lecture de la crise, au moyen d’une multitude de médiums (peinture, dessin, photographie, performance, création sonore, sculpture,…). L’ensemble des points de vue, sur ce présent menacé, témoigne, documente, interroge la période de confinement, synonyme d’enfermement et paradoxalement d’hyper-conscience, d’introspection et inversement d’ouverture vers des confins plus larges ou inconnus, prenant des accents tantôt dramatiques, tantôt grinçants, radicaux, provocants, délicats, merveilleux ou désinvoltes. Au-delà de la stupeur et de la sidération, et dans la perspective du dé-confinement, ils ont tracé des lignes de sens à ce présent et cet « après ».

Constatons en tous cas que le virus est loin d’avoir affecté la création ; l’énergie et l’inventivité des artistes sont un magnifique signal par les temps sombres que nous traversons.

Choisir 25 artistes lauréats parmi les 412 dossiers était un dé di cile à relever. Il a fallu faire des choix, entres critères objectifs et, sans doute, une part d’arbitraire.

Le jury, composé de quatre membres de l’équipe du Frac – Vanessa Desclaux, Claire Jacquet, Karen Tanguy, Émeline Vincent, et de Suzanne Husky, artiste, a privilégié les projets répondant aux critères suivants : la lecture de la crise que nous traversons, l’originalité du projet et son lien avec la région Nouvelle-Aquitaine.

Aux artistes qui n’ont pas été sélectionnés, nous adressons nos sincères remerciements pour leur participation à cet appel à projets. L’ensemble des réponses a fait émerger une telle somme de réflexions, de formes, de sensibilités et de vécus, que nous ne pouvons y rester indifférents.

Au terme d’une semaine d’expertise et de débat sur ces 412 dossiers, les 25 lauréats sont :
Benjamin Artola, Ludovic Beillard, Johann Bernard, Carol Bîmes, Julie Chaffort, Jean-Luc Chapin, Laurie Charles, Christophe Clottes et Lúcia Leistner, Mona Convert, Bastien Cosson, Dalila Dalléas Bouzar, Bertrand Dezoteux, Céline Domengie, Maitetxu Etcheverria, Laurent-David Garnier, Coline Gaulot, Nino laisné, Mélanie Lecointe, Isabelle Loubère, David Malek, Marion Mounic, Nani$ôka Groupe, Barbara Schrœder, Laure Subreville, Corenthin Thilloy.

Chacun d’eux recevra une enveloppe de 2000 €.

Cette aide exceptionnelle leur permet de continuer à exercer leur activité artistique, en développant leur projet tel qu’ils l’ont imaginé. Nous leur demandons de nous informer des suites qu’ils auront pu lui donner. Chaque artiste bénéficiaire reste propriétaire de son œuvre. Une restitution de l’ensemble des 25 projets, sous une forme qui reste à définir, aura lieu en 2021.


RÉSIDENCE LE CUBE – RABAT

Crédit photo : Cyril Boixel


Cette résidence au Cube – independent art room est une opportunité pour Marion Mounic de prolonger sa compréhension et son habitation de la culture marocaine.
À Rabat, l’artiste souhaite s’emparer des différents aspects qui la composent, à travers ses pratiques quotidiennes et ses lieux communs où culture et tradition s’entremêlent.

Par le biais de ces futures rencontres et de nouvelles expériences, à partir de ce quotidien à portée de main et de regard, Marion Mounic désire prélever, déplacer et transformer ces différents usages journaliers en tant qu’espaces d’invention, d’adaptation et de résistance, tant sur un plan perceptif que social et politique.

Ce désir d’expérience est à envisager comme un espace de possibilités laissant la place à de plausibles interpénétrations, à la création d’un nouveau langage, d’un souvenir voire d’une mémoire qui se fabrique.

La résidence de Marion Mounic est mise en place en partenariat avec La Maison Salvan, et est réalisée grâce au soutien de l’Institut Français du Maroc.

Le Cube – independent art room 
2, rue Benzerte 10000 Rabat

PRESENT.E

« PRÉSENT.E est un podcast dans lequel je souhaite mettre à jour ce qui vient en amont puis en aval de l’art contemporain. Mes questions ne portent donc pas sur les oeuvres en elles-même mais sur toutes les réflexions et les doutes qui gravitent autour de celles-ci. Ici, je m’intéresse d’abord à la manière dont la vie de mon invitée impact son travail puis à l’inverse à la façon dont son travail vient impacter sa vie. Dans PRÉSENT.E j’essaie de mener les conversations comme j’ai l’habitude de le faire en tant que critique d’art dans les ateliers d’artistes ou à la terrasse des cafés. Sauf qu’ici nous sommes enregistré.es et vous avez la possibilité de tout écouter. 

Le premier épisode est sorti le 7 Avril dernier, sur Soundcloud, Apple Podcast et Youtube ! Mon invitée est Marion Mounic, une jeune femme que j’aime autant humainement qu’artistiquement. Merci Marion d’avoir accepté de discuter avec moi de tes origines marocaines, de ta relation avec ta super maman, de ta résidence à Tiznit, de ton début de carrière à Sète, de tes doutes et de tes réflexions… 

Merci aussi à Tom Delangle qui a produit le visuel de PRÉSENT.E, qui a fait en sorte que le son soit le moins dégueu possible et surtout qui m’a soutenue. Enfin merci à David Walters qui a accepté que j’utilise sa musique pour le générique. Il fait un Taff de malade donc je vous invite vraiment vraiment à aller découvrir ce qu’il fait. »

Camille Bardin

Lauréate de la 17e édition de la biennale d’art contemporain-CRAC, organisée par la ville avec son installation « Propre cuisine », Marion Mounic trace, à 28 ans, un chemin qui lui est déjà personnel, oscillant entre questionnements et regard des autres. Entretien.

Marion Mounic – Crédit photo : Éloïse Dubois

Soumis par Sophie Durat le ven, 31/01/2020 – 11:39

Lauréate de la 17e édition de la biennale d’art contemporain-CRAC, organisée par la ville avec son installation « Propre cuisine », Marion Mounic trace, à 28 ans, un chemin qui lui est déjà personnel, oscillant entre questionnements et regard des autres. Entretien.

Qu’est-ce qui vous a amené à participer à la biennale d’art contemporain de Champigny ?
Marion Mounic : Alors que je participais à la biennale de Mulhouse en 2019, j’ai reçu un mail des organisateurs de la biennale d’art contemporain de Champigny qui me présentaient l’événement. J’ai perçu cette proposition comme l’occasion d’être montrée, d’être visible à Paris et en région parisienne. Je suis une jeune artiste qui a suivi les beaux-arts à Tarbes et travaille aujourd’hui à Sète. J’ai donc pris ça très simplement, avec l’envie de participer pour présenter mon travail.

Qu’avez-vous proposé ?
MM : L’œuvre exposée s’appelle « Propre cuisine ». Elle s’apparente à une installation inspirée de mes expériences marocaines, pays où j’ai été en résidence au cours de ma quatrième année des beaux-arts ; un pays en écho à mon histoire aussi puisque mon père est Marocain. De cette question sur mes origines, je suis venue interroger les gestes du quotidien, de la tradition et de la religion. Ainsi ce meuble haut et ouvert de cuisine porte un plateau (marocain) dans lequel est posé un livre sacré, Le Coran, qui baigne dans l’huile d’olive. Les pages deviennent transparentes ; le texte vient s’entremêler avec l’huile forçant ces éléments à vivre ensemble. Il est comme recouvert d’un liquide doré où se crée quelque chose d’autre, de précieux. Je ne suis pas croyante, et je préciserais que ce geste n’est pas blasphématoire. Simplement, l’huile d’olive vient lier tradition et religion rendant aussi visible l’ambiguïté qui me traverse dans cette quête à comprendre une culture.

Vous êtes lauréate de cette biennale, que vient dire ce prix ?
MM : Un étonnement ! Lorsque Florence (ndlr : Florence Khaloua, directrice de la Maison des arts plastiques) m’a contactée pour m’annoncer la nouvelle et, au-delà du prix -une exposition dans les deux ans à venir-, j’étais en train de travailler et je lui ai demandé si elle ne s’était pas trompée de numéro de téléphone ! Cette récompense fait suite à un prix obtenu aux Abattoirs de Toulouse en 2019. Tout tombe en même temps et vient confirmer que rien n’est impossible, d’autant que mon parcours est étrange.

« Un parcours étrange », c’est-à-dire…
MM : Au lycée, j’étais en sport étude football, ensuite j’ai intégré un BTS communication des entreprises et travaillée en agence, avec l’idée de devenir typographe ; j’étais très éloignée de l’art ! On m’a alors conseillé les beaux-arts et très vite je me suis fait aspirer par ce qui s’y passait : les rencontres, les échanges. Je me suis retrouvée à faire les choses dont j’avais envie, sans en passer par une commande client. Et là, le champ des possibles s’est ouvert… Je n’étais pas une très bonne élève à l’école et, aux beaux-arts, tout s’est inversé ; on déconstruit pour réinventer, aussi ai-je compris qu’il n’y avait pas de vérité absolue ! Dans l’après-coup, je me dis que l’art n’est pas si éloigné du sport, il y est question d’endurance, de connaissance de soi. Il faut savoir s’écouter pour aller le plus loin possible, et parvenir à créer de belles choses qui parlent aussi aux autres.

Le regard des autres est-il important dans votre travail ?
MM : Je ne me situe pas dans un champ précis, mais plutôt dans différents entre-deux, entre sculpture et installations. Par contre, je me mets à la place du regardeur et je le questionne. « Le regardeur fait œuvre » disait Marcel Duchamp, et c’est vrai que je pense l’œuvre dans un mouvement de regardeur, comme une expérience à vivre. Il y a l’idée que le regardeur vient chercher quelque chose de la mémoire collective que je donne à voir. Si mon travail se nourrit des questions personnelles, je les déplace ailleurs, dans une résonnance qui parle au collectif. Il y aurait comme un ingrédient secret, très personnel, dont je ne connais pas l’existence, mais qui de toute façon ne fait pas toute la recette !

Le collectif est-il important à vos yeux ?
MM : A commencer par la notion d’échanges qui vient rompre avec le travail solitaire de l’artiste. Je suis de cette génération qui s’empare de tout et veut faire des choses. La notion du collectif prend alors toute sa dimension pour trouver des alternatives, s’emparer des espaces, tout mettre à profit, car personne ne le fera à notre place. La question des budgets, des soutiens politiques ne doit pas être bloquante, il s’agit de faire, d’agir, et, pourquoi pas de rater… La perspective peut paraître effrayante, alors que c’est aussi par là que l’inattendu advient finalement, dans ce qui se sera passé au cours d’une élaboration, par exemple. Ca débouche alors sur de nouvelles belles choses, et en même temps sur de nouveaux questionnements, de nouveaux regards… qui mèneront vers d’autres travaux.

Installation « Propre cuisine », Prix du jury 2020

Source

Mezzanine Sud-Prix des Amis des Abattoirs

Du 22 novembre 2019 au 16 février 2020
Inauguration le jeudi 21 novembre à compter de 18h

En 2019, le prix Mezzanine Sud change de nom et devient Mezzanine Sud – Prix des Amis des Abattoirs, en remerciement de l’engagement de la société des Amis pour le soutien de la création artistique régionale. Il accompagne toujours et continue de mettre en avant des artistes émergents de l’art contemporaine en lien avec l’Occitanie. Les lauréats bénéficient d’une exposition et d’une aide à la production

Vue de l’exposition Mezzanine Sud – Prix des amis des Abattoirs.

Les lauréats de l’édition 2019 de Mezzanine Sud – Prix des amis des Abattoirs sont :

  – Charlie Aubry (1990) est un artiste qui bricole des machines, principalement sonores, avec des pièces de récupération dont leur usage premier est détourné. Ses réalisations n’ont pas d’autres but que ce pour quoi elles ont été créées : l’autonomie.

– le Collectif PFFF (2015) est un groupe d’artistes femmes toulousain, transdisciplinaire (art plastique, performance, etc.). Il invite à regarder, écouter, manipuler, jouer, écrire et enfin choisir son parcours individuel au milieu des clichés du discours qui nous entoure.

– Marion Mounic (1992) travaille l’espace, la lumière, le temps et la mémoire. Ses installations jouent de la perception et propose des expériences sensorielles inédites, modifiant ainsi la vision des choses et leurs usages. Elle nous invite à apprendre à regarder même quand la vue est absente.


Avec le soutien de

The Others Art Fair

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The Others is the main independent fair in Italy dedicated to international emerging artists and to the latest trends in contemporary art.

An exhibition platform addressing galleries, artist-run and project spaces, collectives of artists and curators, The Others is conceived for young exhibitors in terms of accessibility – the participation costs are among the lowest in Europe – and it is an important opportunity for visibility as it is held in the week dedicated to contemporary art in Turin, a moment that attracts the attention of art professionals and art lovers from around the world.

The Others is nomadic and hosted in unconventional venues; over the years it relocated in different structures, revitalizing and recovering captivating disused buildings. The evening opening hours, the lively informal atmosphere and a program of cross-disciplinary events are the ingredients in a formula that is recognized as a new format for the promotion of art.

2019 edition : at once an international art fair and a curatorial project, a place for experimental formats of exhibitions and site-specific projects, The Others 2019 goes beyond the traditional concept of fair.

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Theothersfair.com