« Et j’ai vu le bout du pays où les nuages sont infinis »

Volet I : Éprouver le territoire

Exposition collective
Elsa Brès, Yohann Gozard, Audrey Martin, Marion Mounic, Nicolas Puyjalon
Au BBB centre d’art
Commissaire : Stefania Meazza, coordinatrice générale de Documents d’artistes Occitanie Du 15 avril au 13 juillet 2022

Le BBB centre d’art et Documents d’artistes Occitanie s’associent tout au long de l’année 2022 pour soutenir la scène artistique régionale, avec une exposition en deux volets qui célèbre le plaisir et le pouvoir du
collectif. Pensée comme une expérience en deux temps – un premier volet consacré à la diffusion de travaux déjà existants et un deuxième centré sur la production d’oeuvres nouvelles dans un contexte de création collective – la programmation permettra de découvrir le travail d’artistes du fonds documentaire DDA Occitanie (et d’autres).

Les artistes réuni·es lors de cette exposition pensent le monde à partir de leur territoire d’implantation. Depuis la marge, ielles traquent les aspects les plus profonds – enracinés dans le passé disparu ou implicites dans un présent insaisissable – et les font affleurer. Ielles nous parlent d’ici, de leur lien à ces lieux, mais sans s’y limiter : leur réflexion universelle ne saurait se restreindre à une seule donnée géographique. C’est « en éprouvant le territoire » que leurs oeuvres s’ouvrent plutôt à l’ailleurs, dans un mouve- ment qui procède du bord au centre, du personnel au commun.

Et alors, l’ambition de ce programme d’expositions et d’événements est de partager avec les publics une aventure humaine, une forme d’amour, de découverte de l’art – et, de là, de découverte et rencontre de l’autre.


BBB centre d’art

96, rue Michel Ange 31200 Toulouse
T. + 33 (0)5 61 13 37 14 contact@lebbb.org http://www.lebbb.org

Faire CORPS

FAIRE CORPS

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Sous le commissariat de Camille Bardin Scénographie : Mathilde Rouiller

INGRID BERTHON-MOINE / SABRINA BELOUAAR / REN HANG / KUBRA KHADEMI / MARION MOUNIC / PAULINE ROUSSEAU / ELEA JEANNE SCHMITTER /
HUGO SERVANIN / ABEL TECHER / SARAH TROUCHE

Exposition collective 21.10.21 ─ 18.12.21 Vernissage le jeudi 21 octobre

La Galerie Paris-Beijing a le plaisir d’annoncer sa nouvelle exposition « Faire Corps », sous le commissariat de Camille Bardin, lauréate du Prix AICA de la critique d’art, et qui mettra en avant une sélection d’œuvres de dix artistes.

Oubliez vos leçons bien apprises, déplacez votre regard, extirpez-vous de ces espaces auxquels vous avez été assigné.es. Au-delà de la prise de conscience théorique, Faire corps tente d’identifier la manière dont nos réalitéssont socialement construites et d’esquisser de nouvelles possibilités d’existence. À travers le travail d’une dizaine d’artistes, l’exposition propose d’identifier l’impact des stéréotypes de genre sur la façon dont on traite notre corps, dont on s’exprime, dont on se meut dans l’espace, dont on se projette dans l’avenir, en somme, la façon dont on vit. Chacune à leur manière, les œuvres nous motivent à débarrasser nos corps de ce régime épistémologique binaire qui contribue à la mise en minorité de groupes sociaux entiers.

L’exposition Faire corps, me suit depuis près de deux ans, elle n’a pas pour ambition de décrire le concept de déconstruction mais de porter au jour des artistes qui, ces dernières années, m’ont accompagné.es dans mes propres remises en question. Parfois intimes, parfois politiques — si tant est qu’il y ait une différence entre ces deux notions — les œuvres exposées ici sont des invitations à l’introspection, à la prise de pouvoir, au déploiement des corps minorisés.

Camille BARDIN _____________________________________

Camille Bardin © Crédit photo : D.R

Camille Bardin est née en 1997, elle est critique d’art indépendante, commissaire d’expositions et fondatrice du podcast PRÉSENT.E. Après avoir écrit pour diverses revues, elle s’engage auprès du collectif Jeunes Critiques d’Art pour une critique qu’elle souhaite indépendante et engagée. Elle en devient co-présidente en 2019 et cofonde la confédération internationale YACI la même année. Depuis 2020, elle anime le podcast PRÉSENT.E qui offre une plongée dans l’intimité de la création, il compte désormais une cinquantaine d’épisodes. Aujourd’hui, elle collabore également à la rédaction de catalogues d’expositions et de monographies pour diverses galeries et institutions, co-anime l’émission Traversée et présente chaque mois le podcast Pourvu Qu’iels Soient Douxces produit par Projets média et pensé par Jeunes Critiques d’Art. Camille Bardin est lauréate du prix AICA 2021.

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INGRID BERTHON-MOINE

Pour Ingrid Berthon-Moine, le corps est un terrain de jeu. Elle présente successivement des poitrines velues qui semblent être des pubis, du sang menstruel auquel elle donne la valeur de rouge à lèvres ou encore des pénis qui peinent à bander. Souvent drôles, parfois acerbes, ses œuvres tentent d’examiner la manière dont la déconstruction — ou à l’inverse, la construction sociale — impactent nos comportements.

Ingrid Berthon-Moine est une artiste plasticienne française basée à Londres. Elle est diplômée d’un Master of Fine Art à la Goldsmiths University de Londres en 2017. En 2020, elle a créé le projet @lackitlikeit sur Instagram où elle interviewe des femmes, qui travaillent dans divers domaines des industries artistiques et créatives, sur la notion de manque.

©Ingrid Berthon-Moine, Thingy #1- #9, 2019. Carton, tissu, latex, plâtre, faux cheveux, collants. Photo: Rocio Chacon

PAULINE ROUSSEAU

Pauline Rousseau est diplômée de l’École du Louvre et de l’École Nationale Supérieure de la Photographie de Arles. La masculinité hégémonique est l’un de ses sujets de prédilection. « Que signifie être une femme qui photographie des hommes ? Que se passe-t-il lorsqu’une équation vieille de plusieurs millénaires : homme/créateur/actif/ regardeur et femme/muse/passive/objet des regards est ébranlée ? » sont autant de questions auxquelles elle tente de répondre dans son travail.

Pour Faire Corps, Pauline Rousseau présente l’une des photographies de sa série « Les Chefs-d’œuvre du Musée du Louvre » qui se concentre sur les nus masculins. Elle désacralise ainsi certains chefs-d’œuvre tout en soulignant les paradoxes de la virilité.

©Pauline Rousseau, Les chefs d’œuvre du Louvre, 2017. Photogra– phie

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SABRINA BELOUAAR

Sabrina Belouaar, artiste franco-algérienne, est née à Charenton le Pont (Paris), en 1986. Son travail fait référence à son histoire, elle- même façonnée par son identité, mais aussi, et surtout, par son statut en tant que femme « racisée ». Elle réussit à construire des œuvres qui allient le politique et le sensible par le processus d’inscription de son héritage culturel dans des formes plastiques. À travers ses œuvres, elle articule une problématique sociale et politique ancrée dans un présent entaché par la marginalisation et le racisme. La question identitaire et, plus généralement, post-coloniale est au cœur de son engagement artistique.

Pour Faire Corps Sabrina Belouaar présente deux œuvres. La première Henna, un monochrome réalisé à partir de henné, une manière de faire table rase d’une histoire blanche et masculine et de donner voix aux chapitres à des femmes non-occidentales. Enfin, avec BATTLE Sabrina Belouaar met en scène deux danseurs, Brahim, amputé, etGwendal, homosexuel. L’un comme l’autre déploient leur corps pour mieux imposer leur histoire, leurs identités, leur présence dans une société encore homophobe et validiste.

©Sabrina Belouaar, Henna, 2015. Henné sur toile, 200 x 151 cm

MARION MOUNIC

Quand Marion Mounic part pour la première fois en résidence au Maroc c’est autant pour enrichir sa pratique que pour tenter de comprendre ses origines. Elle déambule finalement assez peu dans les rues, observe et filme parfois, mais surtout, elle se tait et écoute les personnes qu’elle rencontre. Dans sa famille d’accueil, c’est la présence permanente des femmes dans leur cuisine qui l’interpelle. La constance de leurs mouvements qu’elle apparente vite à la danse, la fumée qui s’échappe des cocottes-minutes, la buée qui envahit les fenêtres l’obsèdent… Que sont ces engins ménagers ? Symboles d’une solitude aliénante qui touche les femmes ou forces émancipatrices ?

Pour Marion Mounic, la cuisine devient avec ces cocottes-minute un espace de création non-mixte où l’on compose son œuvre en enchaînant des gestes chorégraphiés. À son retour du Maroc, l’artiste récupère donc trois cocottes-minute qu’elle pose sur divers moteurs, l’un d’un robot mixeur, les autres de boules à facettes. Les vitesses varient silencieusement en fonction des machines, comme autant il y a de rythmes et de femmes.

©Marion Mounic, Samâ’, 2018. Cocottes-minute, moteurs. Photo: Cyril Boixel.

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ABEL TECHER

Ici c’est l’artiste qu’on voit : il est face à nous, habillé de sa chair imberbe. Avant de commencer à peindre, Abel Techer laisse tomber ses vêtements, il s’enduit de gel puis laisse glisser un rasoir contre sa peau. La lame coupe tous les poils que son corps produit : ceux des jambes, du pubis, du torse, du visage et du crâne. Abel Techer figure ainsi un corps qui navigue, un corps débarrassé des attributs normés du genre. La technique du sfumato qu’il empreinte aux peintres de la Renaissance italienne lui permet d’évincer les cadres, les limites et les contours. Si bien que, dans ses peintures, tout est transparent et flou, tout se disperse.

Sur cette huile, Abel Techer se représente dans l’un des bibelots de porcelaine qui l’a vu grandir et se questionner. C’est une bribe supplémentaire de son intimité. Abel Techer est né en 1992 à La Réunion, où il vit encore et y travaille. Il a suivi une formation à l’École Supérieure d’Art de la Réunion où il obtient son DNSEP en 2015 avec les félicitations du jury. Il a également étudié à la Escuela Superior de Arte y Diseño de Alicante (EASDA) en Espagne.

©Abel Techer, Sans titre, 2020. Huile sur toile, 180 x 230 cm. Courtesy Maëlle Gallery.

ELEA JEANNE SCHMITTER

Elea Jeanne Schmitter est une artiste visuelle née à Auxerre en 1993. Après ses études d’art à l’Université Concordia de Montréal dont elle sort diplômée en 2018, elle rejoint l’école Kourtrajmé sous la direction de JR en2020.

À travers sa série 40 ans 70 kg, présentée dans l’exposition Faire Corps, Elea Jeanne Schmitter questionne la notion de neutralité. Être un homme, être blanc, avoir 40 ans et peser 70 kg serait une moyenne universelle. Ce point de référence, au delà de constituer une violence symbolique excluante est créatrice de data-gap. Il conditionne la plupart de nos infrastructures et équipements quotidiennement utilisé.es au détriment du confort, de la santé, de la sécurité si ce n’est de la vie des personnes qui ne rentreraient pas dans ces normes prédéfinies.

©Elea Jeanne Schmitter, 40 ans 70 kg, 2020. Photographie.

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REN HANG

« Le thème de la sexualité est récurrent dans le travail de Ren Hang : corps nus emboîtés, femmes seules fumant sur un toit de la ville ou nues dans un arbre, scènes de baisers, d’étreintes, toujours empreints d’une grande poésie. On peut lire dans son travail, qui a déjà fait plusieurs fois l’objet de censure, le malaise profond de la jeunesse chinoise, mais aussi les liens qui les unissent et la confiance mutuelle qu’ils se portent.

Bien que Ren Hang ait déclaré que son travail n’était pas intentionnellement politique, son travail confronte la répression de la sexualité et des identités queer dans la culture chinoise traditionnelle. Tout au long de sa carrière, Ren a utilisé une caméra analogique, photographiant ses amis plutôt que des modèles. »

©Ren Hang, Sans titre, 2011. Impression jet d’encre.

SARAH TROUCHE

Il semblerait que nous soyons face à une chrysalide : deux êtres recroquevillés, deux corps prêts à éclore et s’animer. Ou peut-être est-ce au contraire un suaire qui emprisonne deux organismes inertes ? Avec ces moulages de son propre corps, Sarah Trouche crée un trouble, elle fait naître en moi un sentiment paradoxal ; je ne sais s’il faut projeter en cette œuvre résilience ou empêchement.

Sarah Trouche est une artiste plasticienne française née en 1983. Elle poursuit ses études aux Beaux-Arts de Paris d’où elle sort diplômée en 2007. Elle complète sa formation au Art Center College de Los Angeles (2007) puis du Master Performance making à l’université Goldsmith de Londres en 2008. Sarah Trouche a été nommée Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2019.

©Sarah Trouche, Sans titre, 2017. Moulage sur le corps de l’artiste, cuir, 175 cm x 56 cm. Coutesy Galerie Marguerite Milin.

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62 rue de Turbigo – 75003 Paris I contact presse : paris@galerieparisbeijing.com I + 33 (0)1 42 74 32 36

KUBRA KHADEMI

Née en 1989, Kubra Khademi est artiste plasticienne et performeuse basée à Paris ; elle explore, dans sa pratique, sa vie en tant que femme réfugiée. Étudiante aux Beaux-Arts de Kaboul avant de fréquenter l’Université deBeaconhouse à Lahore, elle investit l’espace public de ses premières performances et y dénonce une société patriarcale extrême. En 2015, elle réalise la performance Armor, dont le retentissement la contraint à fuir son pays,puis à se réfugier à Paris. Elle expose désormais son travail à l’échelle internationale.

En 2016, Kubra reçoit le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture française. Depuis 2017, elle est membre de l’Atelier des Artistes en Exil à Paris et résidente de la Cité Internationale des Arts jusqu’en 2019. En 2019, elle est sélectionnée pour la Bourse Révélations Emerige et a obtenu un an de résidence à la Fondation Fiminco.

©Kubra Khademi, Deviant-Vision #12, Langue, 2021. Gouache sur papier. Collection privée.

HUGO SERVANIN

Le travail d’Hugo Servanin consiste à mettre en résonance les mythologies et représentations qui façonnent nos corps et les propriétés des matériaux et des technologies qu’il emploie. Ses recherches se sont d’abord concentréessur le lien qu’il y avait entre le corps et les représentations qu’on en faisait. Il exploitait alors les codes inhérents à la sculpture et aux chairs : les défauts d’un moulage avait, par exemple, valeur de cicatrices. Plus tard, il utilise des matériaux plastiques et mouvants afin de donner symboliquement vie aux corps qu’il façonne : un plâtre qui pourrit marque la fin de vie d’un corps ; une porcelaine qui se brise, la fragilité d’un os.

Dans Faire Corps, nous sommes témoins de la naissance d’un de ses Géants. Tout au long de l’exposition un corps prend forme, sans qu’il soit possible d’identifier son genre, sa classe ou sa race sociale. Le Géant est dénuéd’identité, libre à lui de décider.

©Hugo Servanin, Environnement Foule #3, 2019. Métal, verre, radiateur, corps en terre crue. Photo: Marie Genin. Photo: Hugo Servanin & ARTAGON

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62 rue de Turbigo – 75003 Paris I contact presse : paris@galerieparisbeijing.com I + 33 (0)1 42 74 32 36

CANAL ROYAL

Série d’expositions et d’événements tout l’été au Crac Occitanie. 

En partenariat avec Mécènes du Sud Montpellier-Sète. 

Avec : Mazaccio et Drowilal, Marion Mounic et Jules Ribis, Sam Krack, François Daireaux, Christine Masduraud, Virginie Loze, Jonathan Vinel, Marine Peixoto, Becquemin et Sagot, Amalia Laurent, Damien Fragnon, Hélène Jayet, Super Loto Editions et invités, Vincent Martial…. 

Pour la deuxième année consécutive, le Crac Occitanie et Mécènes du Sud Montpellier-Sète s’associent pour une manifestation hybride, énergique et intensive consacrée à la scène artistique d’Occitanie à travers plus d’une douzaine de projets : expositions, ateliers participatifs, projections, installation sonore, performance culinaire, résidences instagram… la création sous toutes ses formes s’invite au Crac tout au long de l’été. 

Lancement de CANAL ROYAL le 3 juillet à partir de 18 h sur le parvis du Crac avec la Symphonie culinaire de Marion Mounic et Jules Ribis. 

Avec le soutien financier de la Drac Occitanie dans le cadre du Plan de relance pour la Culture. 

Mécènes du Sud Montpellier-Sète, comme la structure du même nom à Aix-Marseille, est un collectif d’entreprises qui finance œuvres événements et collaborations diverses dans le champ de l’art contemporain. Dans le centre ville de Montpellier, Mécènes du Sud bénéficie d’un lieu dédié à ses activités où une programmation annuelle d’expositions est pensée. 

Faire un geste _ FRAC Nouvelle-Aquitaine MECA _ BAM Projects

À l’invitation du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, BAM projects présente les œuvres réalisées par les artistes lauréats de l’« appel à projets » sous forme d’un parcours dans 6 châteaux de l’appellation Margaux. BAM projects réalise également une série d’entretiens vidéo et de textes pour chacun des 25 artistes, qui seront publiés tout au long de l’année 2021 sur la chaîne YouTube et les réseaux sociaux du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. 

communiqué de presse


Œuvre présentée pour faireungest

Symphonie culinaire, 2021
Installation sonore
Mixed média
Dimensions variables

Les installations et sculptures de Marion Mounic proposent une expérience physique et sensorielle en s’appuyant sur le ressenti, la perception, ou encore l’imagination. Utilisant des objets familiers le plus souvent tirés de notre quotidien, elle nous invite dans des espaces qui mettent en récit son intimité de manière parfois nostalgique, souvent onirique, et toujours poétique. Abordant la notion de vision, son œuvre questionne également la manière dont on s’approprie une culture. Dans les œuvres de Marion Mounic, la couleur associée à la lumière et la perception de la palette chromatique environnante vont de pair avec les mouvements du corps, le travail sur la matière ou la mise en ébullition de nos sens. En décontextualisant les objets ou les espaces architecturés, Marion Mounic propose des rencontres surprenantes, nous amenant à reconsidérer notre rapport au monde.

Née en 1992, Marion Mounic vit et travaille à Sète. Elle est diplômée de l’École supérieure d’art des Pyrénées depuis 2018 (DNSEP Art & céramique, avec les félicitations du jury). Son travail a été présenté lors de nombreuses expositions personnelles et collectives. Elle a participé en 2020 à la Biennale de la Jeune Création au Centre d’art La Graineterie à Houilles et à la 17e Biennale du CRAC à Champigny-sur-Marne. En 2019, elle a été lauréate du Prix Mezzanine Sud, prix décerné par les Amis des Abattoirs, à Toulouse.


AVRIL 2020
L’APPEL À PROJETS

25 lauréats désignés à l’issue de l’appel à projets lancé en avril 2020 par le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA pour soutenir les artistes face à la crise liée à la pandémie.

Dans le contexte d’une « situation d’urgence » inédite, les artistes du champ des arts visuels étaient invités à réfléchir et à concevoir un projet en écho à cette épidémie aux conséquences brutales, tant sur les plans humain et social, qu’économique et politique. Chacun d’eux a reçu une enveloppe de 2000 €. Cette aide exceptionnelle leur a permis de continuer à exercer leur activité artistique, en développant leur projet tel qu’ils l’ont imaginé.

communiqué de presse avril 2020

Lauréate FRAC Nouvelle-Aquitaine Méca

UN APPEL, 412 CANDIDATURES, 25 LAURÉATS

Le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, à l’initiative de Bernard de Montferrand, son président, et de Claire Jacquet, sa directrice, a lancé le 8 avril 2020 un programme de soutien aux artistes face à la crise liée à la pandémie, sous la forme d’un appel à projets. Cet appel n’a été possible que grâce au soutien permanent au Frac de l’Etat et de la Région Nouvelle- Aquitaine. En 10 jours, 412 artistes ont répondu.

Au vu de la très grande qualité des réponses et de la mobilisation que cet appel asuscité auprès des artistes, nous avons pu augmenter le nombre de projets sélectionnés en passant de 20, initialement prévus, à 25 artistes bénéficiaires, grâce à la générosité de plusieurs mécènes.

Dans le contexte d’une « situation d’urgence » inédite, les artistes du champ des arts visuels étaient invités à réfléchir et à concevoir un projet, en écho à cette épidémie aux conséquences brutales, tant sur les plans humain et social, qu’économique et politique.

Le nombre et la diversité des projets reçus montrent combien les artistes se sentent concernés par la situation si complexe dans laquelle nous vivons et rendent compte de cette expérience vécue par tous, à l’échelle planétaire.

Pour inventer une nouvelle relation au monde et de « nouveaux gestes barrières » susceptibles de modifier à terme nos habitudes les créateurs ont donné leur propre lecture de la crise, au moyen d’une multitude de médiums (peinture, dessin, photographie, performance, création sonore, sculpture,…). L’ensemble des points de vue, sur ce présent menacé, témoigne, documente, interroge la période de confinement, synonyme d’enfermement et paradoxalement d’hyper-conscience, d’introspection et inversement d’ouverture vers des confins plus larges ou inconnus, prenant des accents tantôt dramatiques, tantôt grinçants, radicaux, provocants, délicats, merveilleux ou désinvoltes. Au-delà de la stupeur et de la sidération, et dans la perspective du dé-confinement, ils ont tracé des lignes de sens à ce présent et cet « après ».

Constatons en tous cas que le virus est loin d’avoir affecté la création ; l’énergie et l’inventivité des artistes sont un magnifique signal par les temps sombres que nous traversons.

Choisir 25 artistes lauréats parmi les 412 dossiers était un dé di cile à relever. Il a fallu faire des choix, entres critères objectifs et, sans doute, une part d’arbitraire.

Le jury, composé de quatre membres de l’équipe du Frac – Vanessa Desclaux, Claire Jacquet, Karen Tanguy, Émeline Vincent, et de Suzanne Husky, artiste, a privilégié les projets répondant aux critères suivants : la lecture de la crise que nous traversons, l’originalité du projet et son lien avec la région Nouvelle-Aquitaine.

Aux artistes qui n’ont pas été sélectionnés, nous adressons nos sincères remerciements pour leur participation à cet appel à projets. L’ensemble des réponses a fait émerger une telle somme de réflexions, de formes, de sensibilités et de vécus, que nous ne pouvons y rester indifférents.

Au terme d’une semaine d’expertise et de débat sur ces 412 dossiers, les 25 lauréats sont :
Benjamin Artola, Ludovic Beillard, Johann Bernard, Carol Bîmes, Julie Chaffort, Jean-Luc Chapin, Laurie Charles, Christophe Clottes et Lúcia Leistner, Mona Convert, Bastien Cosson, Dalila Dalléas Bouzar, Bertrand Dezoteux, Céline Domengie, Maitetxu Etcheverria, Laurent-David Garnier, Coline Gaulot, Nino laisné, Mélanie Lecointe, Isabelle Loubère, David Malek, Marion Mounic, Nani$ôka Groupe, Barbara Schrœder, Laure Subreville, Corenthin Thilloy.

Chacun d’eux recevra une enveloppe de 2000 €.

Cette aide exceptionnelle leur permet de continuer à exercer leur activité artistique, en développant leur projet tel qu’ils l’ont imaginé. Nous leur demandons de nous informer des suites qu’ils auront pu lui donner. Chaque artiste bénéficiaire reste propriétaire de son œuvre. Une restitution de l’ensemble des 25 projets, sous une forme qui reste à définir, aura lieu en 2021.


RÉSIDENCE LE CUBE – RABAT

Crédit photo : Cyril Boixel


Cette résidence au Cube – independent art room est une opportunité pour Marion Mounic de prolonger sa compréhension et son habitation de la culture marocaine.
À Rabat, l’artiste souhaite s’emparer des différents aspects qui la composent, à travers ses pratiques quotidiennes et ses lieux communs où culture et tradition s’entremêlent.

Par le biais de ces futures rencontres et de nouvelles expériences, à partir de ce quotidien à portée de main et de regard, Marion Mounic désire prélever, déplacer et transformer ces différents usages journaliers en tant qu’espaces d’invention, d’adaptation et de résistance, tant sur un plan perceptif que social et politique.

Ce désir d’expérience est à envisager comme un espace de possibilités laissant la place à de plausibles interpénétrations, à la création d’un nouveau langage, d’un souvenir voire d’une mémoire qui se fabrique.

La résidence de Marion Mounic est mise en place en partenariat avec La Maison Salvan, et est réalisée grâce au soutien de l’Institut Français du Maroc.

Le Cube – independent art room 
2, rue Benzerte 10000 Rabat

PRESENT.E

« PRÉSENT.E est un podcast dans lequel je souhaite mettre à jour ce qui vient en amont puis en aval de l’art contemporain. Mes questions ne portent donc pas sur les oeuvres en elles-même mais sur toutes les réflexions et les doutes qui gravitent autour de celles-ci. Ici, je m’intéresse d’abord à la manière dont la vie de mon invitée impact son travail puis à l’inverse à la façon dont son travail vient impacter sa vie. Dans PRÉSENT.E j’essaie de mener les conversations comme j’ai l’habitude de le faire en tant que critique d’art dans les ateliers d’artistes ou à la terrasse des cafés. Sauf qu’ici nous sommes enregistré.es et vous avez la possibilité de tout écouter. 

Le premier épisode est sorti le 7 Avril dernier, sur Soundcloud, Apple Podcast et Youtube ! Mon invitée est Marion Mounic, une jeune femme que j’aime autant humainement qu’artistiquement. Merci Marion d’avoir accepté de discuter avec moi de tes origines marocaines, de ta relation avec ta super maman, de ta résidence à Tiznit, de ton début de carrière à Sète, de tes doutes et de tes réflexions… 

Merci aussi à Tom Delangle qui a produit le visuel de PRÉSENT.E, qui a fait en sorte que le son soit le moins dégueu possible et surtout qui m’a soutenue. Enfin merci à David Walters qui a accepté que j’utilise sa musique pour le générique. Il fait un Taff de malade donc je vous invite vraiment vraiment à aller découvrir ce qu’il fait. »

Camille Bardin

Lauréate de la 17e édition de la biennale d’art contemporain-CRAC, organisée par la ville avec son installation « Propre cuisine », Marion Mounic trace, à 28 ans, un chemin qui lui est déjà personnel, oscillant entre questionnements et regard des autres. Entretien.

Marion Mounic – Crédit photo : Éloïse Dubois

Soumis par Sophie Durat le ven, 31/01/2020 – 11:39

Lauréate de la 17e édition de la biennale d’art contemporain-CRAC, organisée par la ville avec son installation « Propre cuisine », Marion Mounic trace, à 28 ans, un chemin qui lui est déjà personnel, oscillant entre questionnements et regard des autres. Entretien.

Qu’est-ce qui vous a amené à participer à la biennale d’art contemporain de Champigny ?
Marion Mounic : Alors que je participais à la biennale de Mulhouse en 2019, j’ai reçu un mail des organisateurs de la biennale d’art contemporain de Champigny qui me présentaient l’événement. J’ai perçu cette proposition comme l’occasion d’être montrée, d’être visible à Paris et en région parisienne. Je suis une jeune artiste qui a suivi les beaux-arts à Tarbes et travaille aujourd’hui à Sète. J’ai donc pris ça très simplement, avec l’envie de participer pour présenter mon travail.

Qu’avez-vous proposé ?
MM : L’œuvre exposée s’appelle « Propre cuisine ». Elle s’apparente à une installation inspirée de mes expériences marocaines, pays où j’ai été en résidence au cours de ma quatrième année des beaux-arts ; un pays en écho à mon histoire aussi puisque mon père est Marocain. De cette question sur mes origines, je suis venue interroger les gestes du quotidien, de la tradition et de la religion. Ainsi ce meuble haut et ouvert de cuisine porte un plateau (marocain) dans lequel est posé un livre sacré, Le Coran, qui baigne dans l’huile d’olive. Les pages deviennent transparentes ; le texte vient s’entremêler avec l’huile forçant ces éléments à vivre ensemble. Il est comme recouvert d’un liquide doré où se crée quelque chose d’autre, de précieux. Je ne suis pas croyante, et je préciserais que ce geste n’est pas blasphématoire. Simplement, l’huile d’olive vient lier tradition et religion rendant aussi visible l’ambiguïté qui me traverse dans cette quête à comprendre une culture.

Vous êtes lauréate de cette biennale, que vient dire ce prix ?
MM : Un étonnement ! Lorsque Florence (ndlr : Florence Khaloua, directrice de la Maison des arts plastiques) m’a contactée pour m’annoncer la nouvelle et, au-delà du prix -une exposition dans les deux ans à venir-, j’étais en train de travailler et je lui ai demandé si elle ne s’était pas trompée de numéro de téléphone ! Cette récompense fait suite à un prix obtenu aux Abattoirs de Toulouse en 2019. Tout tombe en même temps et vient confirmer que rien n’est impossible, d’autant que mon parcours est étrange.

« Un parcours étrange », c’est-à-dire…
MM : Au lycée, j’étais en sport étude football, ensuite j’ai intégré un BTS communication des entreprises et travaillée en agence, avec l’idée de devenir typographe ; j’étais très éloignée de l’art ! On m’a alors conseillé les beaux-arts et très vite je me suis fait aspirer par ce qui s’y passait : les rencontres, les échanges. Je me suis retrouvée à faire les choses dont j’avais envie, sans en passer par une commande client. Et là, le champ des possibles s’est ouvert… Je n’étais pas une très bonne élève à l’école et, aux beaux-arts, tout s’est inversé ; on déconstruit pour réinventer, aussi ai-je compris qu’il n’y avait pas de vérité absolue ! Dans l’après-coup, je me dis que l’art n’est pas si éloigné du sport, il y est question d’endurance, de connaissance de soi. Il faut savoir s’écouter pour aller le plus loin possible, et parvenir à créer de belles choses qui parlent aussi aux autres.

Le regard des autres est-il important dans votre travail ?
MM : Je ne me situe pas dans un champ précis, mais plutôt dans différents entre-deux, entre sculpture et installations. Par contre, je me mets à la place du regardeur et je le questionne. « Le regardeur fait œuvre » disait Marcel Duchamp, et c’est vrai que je pense l’œuvre dans un mouvement de regardeur, comme une expérience à vivre. Il y a l’idée que le regardeur vient chercher quelque chose de la mémoire collective que je donne à voir. Si mon travail se nourrit des questions personnelles, je les déplace ailleurs, dans une résonnance qui parle au collectif. Il y aurait comme un ingrédient secret, très personnel, dont je ne connais pas l’existence, mais qui de toute façon ne fait pas toute la recette !

Le collectif est-il important à vos yeux ?
MM : A commencer par la notion d’échanges qui vient rompre avec le travail solitaire de l’artiste. Je suis de cette génération qui s’empare de tout et veut faire des choses. La notion du collectif prend alors toute sa dimension pour trouver des alternatives, s’emparer des espaces, tout mettre à profit, car personne ne le fera à notre place. La question des budgets, des soutiens politiques ne doit pas être bloquante, il s’agit de faire, d’agir, et, pourquoi pas de rater… La perspective peut paraître effrayante, alors que c’est aussi par là que l’inattendu advient finalement, dans ce qui se sera passé au cours d’une élaboration, par exemple. Ca débouche alors sur de nouvelles belles choses, et en même temps sur de nouveaux questionnements, de nouveaux regards… qui mèneront vers d’autres travaux.

Installation « Propre cuisine », Prix du jury 2020

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